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Tyke, éléphante prisonnière, esclave d'un cirque pendant 20 ans




En 1974, une petite éléphante est capturée en Afrique et vendue à John Cuneo Jr, propriétaire du cirque Hawthorn, aux USA. Elle s'appellera Tyke.


Comme beaucoup d'autres jeunes éléphants, elle va désormais connaître le dressage que subissent tous les animaux destinés à travailler dans un cirque. Pour les circassiens, l'animal est un outil, et un outil sert à travailler et à les faire vivre. Rien de plus.


A la moindre défaillance, pas de pitié, on y remédie brutalement, jusqu'à ce que ce qu'il n'y ait plus aucune résistance, jusqu'à ce que l'animal accepte sa condition d'esclave, qu'il ne soit plus que soumission et obéissance aveugle.


La descente aux enfers durera tant que l'animal restera aux mains des circassiens. Et sauf intervention de mouvements de défense des animaux, il est hélas fréquent que seule la mort les délivrera.


Tyke connaîtra l'enchaînement dans des locaux en bêton, les coups répétés de bullhook nommé aussi ankus, c'est une sorte d'aiguillon, de crochet en acier tranchant dont le manche est en bois, plastique ou métal. C'est l'instrument de torture dédié aux éléphants, il va des centaines de fois déchirer de plus en plus profondément sa chair pour l'obliger à faire des exercices pour lesquels sa corpulence n'est pas faite.

Il est généralement admis que l'éléphant a la peau dure, c'est faux. Il ressent la piqûre d'un insecte de la même manière que nous, humains, la ressentons. C'est dans les parties les plus sensibles de son corps que les entraîneurs frapperont, sous le menton, dans la zone buccale derrière les oreilles ou à l'intérieur, derrière les genoux, sur les pieds et tout autour de l'anus.


De nombreux témoignages racontent qu'en 1988 Tyke a été battue en public par son entraineur nommé John Caudill, elle faisait alors un numéro pour le cirque Tarzan Zerbini.

Il semble que l'USDA, (United States Department of Agriculture)  l'office départemental de l'agriculture, faisant autorité pour ces maltraitances n'ait pas été troublé outre mesure par les faits, même lorsque le témoignage édifiant émanera d'un officier qui déclarera que l'entraineur avait frappé Tyke si brutalement qu'elle se lamentait et que l'assistance en était horrifiée. Pour tenter d'éviter les coups, la pauvre bête se tentait de se tapir sur les trois pattes non enchaînées afin de les esquiver.

Aucune suite ne fut donnée à cette affaire. Tyke était abandonnée aux mains de ses bourreaux, elle vivait dans la peur et la terreur s'emparait d'elle lorsque s'approchait le sinistre John Caudill, au point qu'elle se remettait à crier.


En 1993, le 21 Avril, à Altoona en Pennsylvanie, alors qu'elle est exhibée au cirque des Shriners, Tyke essaye de s'enfuir. Elle déchire la toile du chapiteau, et pendant près d'une heure, elle court, semant la confusion et terrorisant un groupe important d'enfants venus voir le spectacle. Une fillette sera d'ailleurs blessée.


Le 23 Juillet de cette même année, pendant la Foire du Dakota, à Minot, Tyke essaye encore de s'enfuir. Elle piétine un employé de la foire, sème la panique dans la foule pendant une demi-heure. L'USDA ne s'inquiéta pas plus de ce second inquiétant incident qu'il ne l'avait été par le précédent, tous deux  mettant pourtant en cause la sécurité de la population.


1994, l'après-midi du  20 Août à Honolulu, Hawaii. Le public, dont beaucoup d'enfants, est amassé sous le chapiteau attendant avec impatience l'entrée de Tyke, louée par la Société Hawthorn Corporation au Circus International (le cirque des Shriners) pour une représentation.


Dès qu'elle arrive sur la piste, Tyke qui semble surexcitée se précipite sur son entraîneur Allen Campbell, qu'elle tue. Elle blessera ensuite son soigneur. La foule, dans les gradins, hurle de terreur et tente de quitter les lieux. Tyke trouve une issue et sort du cirque, renversant un homme qui tente de l'empêcher de franchir la mince barrière qui la sépare de la rue. Elle s’enfuit sans hésitation dans les rues de Kakaako, chargeant quelques passants et écrasant les voitures qu'elle rencontre dans sa folle équipée. Mais sa liberté est de courte durée. Trente minutes plus tard, Tyke est stoppée dans sa course par les policiers, et abattue en pleine rue par environ 100 projectiles, sous le regard de nombreux passants choqués.


Elle va agoniser deux heures durant, adossée à une voiture. Elle succombera à de multiples lésions veineuses et à une hémorragie cérébrale.


Sa mort, photographiée, filmée et vue par tous ceux qui étaient dans la rue à ce moment-là, forcera l'USDA  à ouvrir des actions contre John Cuneo, qui était également mis en cause, pour la même semaine, dans un autre accident impliquant des éléphants.


Cela faisait 20 ans qu’elle était prisonnière du cirque.


Depuis ce drame, il n'y a plus eu de spectacle de cirque utilisant les animaux à Honolulu.


Tyke est devenue un symbole pour les droits des animaux, particulièrement pour les éléphants.


La mort terrible de Tyke affublée de ses ridicules apparats de scène, est en elle seule le plus criant des réquisitoires…


Au nom de quoi autorise-t-on encore, dans nos sociétés prétendument évoluées, la capture, l'esclavage, la torture, les travaux forcés à vie des animaux. Les animaux ne veulent rien de nous, ils n'ont pour seule revendication légitime que le désir de vivre libres dans la nature pour laquelle ils sont faits.

  

La révolte, la vengeance, la fuite de Tyke

et sa mort, sous les balles des fusils.