[creation site web] [logiciel creation site] [creation site internet] []

Le loup aurait tué 3 655 bêtes dans les Alpes en 2005

A chaque fois qu’ils en ont l’occasion, les éleveurs se plaignent de devoir surveiller plus leurs troupeaux parce que, en général, là où il y a du bétail, il y a de fortes chances de trouver le loup un jour ou l’autre. En quelque sorte, ils ont l’impression de livrer son repas au loup, en conduisant leur troupeau  là où il est.


Pourquoi n’a-t-on pas recours à l’effarouchement lorsqu’un loup a été repéré, avant de le tuer ? Pourquoi les éleveurs n’acceptent pas de prévenir les attaques du loup en employant des bergers, en prenant des chiens, et en clôturant le terrain, la nuit, pour protéger le troupeau. Un berger coûte 1 500 euros, l’éleveur peut bien faire cet investissement pour s’éviter la perte de ses bêtes !

Ce sont des méthodes éprouvées et elles sont faciles à mettre en place.


Mais non, rien n’est fait pour tenter de concilier la vie pastorale avec l’existence du loup ; en 2005, rien n’a changé, toujours pas de berger pour garder les troupeaux ce qui rend la rencontre avec le loup inévitable. Le loup, coupable désigné. Le loup, bouc émissaire…  Les chiens errants font plus de ravages dans un troupeau que les loups. La nature aussi peut tuer en montagne, un violent orage panique les bêtes qui dans leur course dérochent pareillement, sans parler de celles qui meurent foudroyées

Là, nul virtuose de la gâchette ne pourra régler le problème, alors on n’en dit rien.


Olivier Frigout,  Biochimiste, journaliste scientifique et rédacteur en chef de Sciences et  Nature nous dit :


"Pour l’année 2005, 3665 brebis ont été indemnisées pour environ 900 attaques, alors que dans le même temps, 100 à 200,000 brebis étaient victimes de chiens errants. Des chiffres qui ne permettent pas de comprendre le battage orchestré par les éleveurs, sauf à considérer que seules les attaques de loups sont indemnisées. Comme il est difficile de caractériser ces attaques (la plupart des attaques étant seulement classées "grands canidés", et crier au loup en fait un très bon bouc émissaire. La cohabitation est pourtant possible comme le prouvent les éleveurs Italiens et Espagnols, mais la présence de l’homme ou d’un chien (dissuasive puisque 90% des attaques ont lieu en leur absence) est requise, ce que certains éleveurs français refusent de mettre en place."


Il y a une soixantaine d’année, les troupeaux étaient gardés par les bergers et leurs chiens, puis les loups ont disparu, victimes d’une chasse effrénée. Les anciens disaient : « On s’est débarrassé du loup ! »


Il est revenu.


Mais les éleveurs ont travaillé, depuis tout ce temps, sans avoir à se préoccuper de loup, c’était facile ; alors ils ont généralisé la conduite du troupeau en estives où ils le laissaient seul, venant de temps à autre vérifier que tout se passait bien. Il faudra qu’ils retrouvent les habitudes ancestrales : Un troupeau est mené et gardé par un berger et un chien.

Un agriculteur qui débute son élevage est largement aidé par l’état : Pour s’installer, sous condition qu’il ait 150 brebis au départ et qu’il s’engage à avoir un troupeau de 350 brebis dans les trois années qui suivent, il bénéficiera d’un taux d’aide maximal.


Les conditions générales d’éligibilité à la DJA sont les mêmes que pour les autres filières de production agricoles.


En plaine : aide minimum 8 000 €, aide intermédiaire 12 650 €, aide maximum 17 300 €


En zone défavorisée : aide minimum 10 300 €, aide intermédiaire  16 350 €, aide maximum  22 400 €


En montagne : aide minimum  16 500 €, aide intermédiaire 26 200 €, aide maximale 35 900 €

Loup prélevé à  Valdaine, Isère 2005

 Louve abattue dans la drome, Isère 2005

21 Mai 2005,


Ce jour là, le préfet de l'Isère avec l’assentiment du ministre de l’Agriculture et de l'Ecologie autorisa l'abattage d'un loup, par balle, dans son département. Un détachement  de trois groupes et de quatre lieutenants de louveterie, tous armés, partirent en  battue, à priori, dans le but d’anesthésier le loup auquel on attribuait la mort de quatre génisses. La bête avait été repérée, près de Massieu, en Isère.


Le WWF  France et FERUS protestèrent :


"La décision prise hier par le gouvernement, d’autoriser l’usage de tirs anesthésiants, afin de capturer le loup pour le placer dans un parc animalier, revient à exclure celui-ci de la nature. Cela ne fait aucune différence en termes d’objectifs de conservation avec son abattage pur et simple, tel que le gouvernement l’envisage également encas d‘échec de la capture. Le recours à cette solution non seulement contredirait le propre objectif du gouvernement de développement de l’espèce, mais serait aussi illégal, les moyens de protection adéquats n’ayant logiquement pas été mis en place sur une zone où la présence du prédateur n’était pas encore avérée. Enfin, les mesures dites de « rabattement » autorisées par le Préfet de l’Isère seront aussi inefficaces qu’absurdes : au mieux, elles pousseront l’animal à attaquer inévitablement des proies dans d’autres secteurs".

  

Année  2005