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En 2006, les instances dirigeantes de la chasse aux phoques se plaignent de la pression des opposants. Ils reçoivent du monde entier un nombre important de courrier dont certains contiendraient des menaces ce qui rendrait les destinataires frileux…

Il en va de même des consulats et des ambassades qui reçoivent plusieurs milliers de lettres de protestation par an et qui sont parfois l'objet de tentatives d'intimidation bien qu'apparemment ces dernières soient en diminution comparées à celles de 2004…


La venue sur la banquise de Paul McCartney mobilisa l'attention de la presse et pas seulement de la presse people. Ce n'était pas fait pour plaire à ces messieurs qui vivent de la chasse aux phoques.

L'acidité de leurs commentaires n'avait pour égale que leur manque d'argumentation  concernant l'utilité de cette venue ; alors certaines personnes autorisées dirent que les célébrités venaient sur la banquise "pour enlever leur gagne-pain à des personnes qui en ont besoin pour subsister." et qu'il était déplaisant que "quelqu'un qui gagne 1 milliard de dollars décide d'utiliser sa fortune pour détruire les moyens de subsistance de personnes qui font un travail très ardu."

C'était prendre le raccourci des chemins de traverse qui déforment la véritable motivation de Paul McCartney... La mauvaise foi n'est pas la particularité mineure des protagonistes de la chasse aux phoques.


Cette année-là, La presse et Internet relayent les nouvelles concernant les observateurs animaliers qui sont sans cesse aux prises avec les chasseurs :

Chasse poursuite en voiture, fourgonnette des observateurs harponnée par un camion qui l'envoie dans le décor, La sûreté du Québec doit escorter 15 journalistes et des opposants à la chasse aux phoques qui se terraient dans un hôtel de Blanc-Sablon, sur la Basse-Côte-Nord, et qui étaient encerclés par environ 80 personnes en faveur de la chasse….

A partir de ce moment-là, le caractère violent de certains chasseurs ne peut plus être ignoré.

Ce qui embarrasse véritablement ces messieurs, c'est que cette importante médiatisation donne de cette chasse l'image de "barbares sans pitié, qui tuent à plaisir." De là à reconnaître que c'était un de leur plus gros problème, il n'y avait qu'un pas… Il fut vite franchi..

L'image de la chasse aux phoques véhiculée en Europe, depuis que les organisations animalistes se sont mobilisées pour envoyer des observateurs sur la banquise, est négative…

Au Canada, moins de 30% de personnes acceptent l'idée que cette chasse n'est pas cruelle. Comment aurait-il pu en être autrement ? 

En 2006, germa l'idée d'une délégation européenne.

Il fut prévu d'envoyer des Inuits, chasseurs de phoques, pour expliquer que cette campagne leur est préjudiciable et les empêche d'assurer leur subsistance.

De source avisée, il paraît que ce type de témoignage a "fonctionné pour les pièges à mâchoires et que cela pourrait fonctionner dans le cas de la chasse aux phoques".

 

Le plan d'action ciblait essentiellement l'Autriche, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, sans oublier le Conseil de l'Europe. De plus, la Belgique et les Pays-Bas proposaient d'interdire l'importation de "produits" du phoque, ce à quoi le Canada riposta en faisant valoir que cette interdiction n'était pas conforme aux obligations des communautés européennes sous le régime de l'accord de l'Organisation mondiale du commerce.

L'enjeu est de taille, les exportations canadiennes de produits dérivés du phoque, en direction de l'Europe de l'Ouest ont augmenté, passant de 550 000 $ en 2001 à 12 900 000 $ en 2005.


La décision fut prise, il fallait conserver le marché européen. Les messages envoyés concernant la non cruauté de la chasse n'étaient pas reçus contrairement à ceux des organisations de défense des animaux, le défi de trouver des armes contre leurs allégations fut relevé.

Parmi ces armes, on pouvait voir, fleurir, par exemple, un argument "écologique" mettant en avant "qu'il vaut mieux porter un manteau en fourrure de phoque plutôt qu'un manteau en fausse fourrure, car la fourrure de phoque vient d'un animal qui est une « ressource » renouvelable alors que celui en fausse fourrure a été confectionné avec des produits pétrochimiques, c'est-à-dire à partir d'une ressource non renouvelable…"

Ou encore l'argument d'équivalence en cruauté : "voyez dans vos abattoirs, les animaux souffrent bien plus et leur mort est encore plus cruelle que celle des phoques canadiens…"


Qu'il me soit permis de vous donner mon opinion en ce qui concerne la fourrure.

Pourquoi pensez-vous que la fourrure soit indispensable dans une garde-robe?

Pourquoi remplacer une vraie fourrure par une fourrure synthétique ?

Ne croyez-vous pas que la femme et l'homme soient capables d'apprécier la beauté de celle-ci lorsqu'elle habille le corps de l'animal?

Jamais elle ne sera plus belle que vivante recouvrant la bête pour laquelle elle s'est développée ; animal sauvage, libre, dans la nature qui l'a vu naître.


En ce qui concerne les abattoirs, je n'ignore pas leur réalité et je ne les cautionne pas.

Je suis végétarienne. Mais je reste convaincue qu'en instruisant un plus grand nombre de personnes de la souffrance de ces animaux qui deviennent leur nourriture, plusieurs, à défaut de rejoindre les végétariens ou végétaliens, consommeront moins de viande et leur santé n'en sera que plus florissante.

Le docteur T. Colin Campbell, biochimiste nutritionnel à l'université de Cornell fit une étude sur le comportement alimentaire qui met en évidence que les affections dégénératives comme le cancer et les maladies cardiaques augmentent proportionnellement à l'augmentation de la consommation de viande.


Du 24 mars au 4 avril 2007, une délégation canadienne, missionnée par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, en collaboration avec Pêches et Océans Canada, se rend en Europe pour tenter d'empêcher que l'Union européenne ne ferme les portes du marché européen aux produits du phoque. Elle doit aussi promouvoir l'industrie de la chasse, la présentant comme une activité durable et sans cruauté.

 

Mais il n'est pas aisé de convaincre ceux dont l'opinion se fait sur ce qu'ils voient, en toute conscience.

Et ce n'est  pas, comme l'affirme Monsieur Lapierre, la faute aux "40 ans de désinformation sur la chasse aux phoques qui, outre le préjudice difficilement réparable, ferment les portes de l'Europe aux produits du phoque".


Le voyage de la délégation fut donc un échec.



Au terme de ce voyage, Jean-Claude Lapierre déclara avoir le projet de former une coalition pour faire pression sur le gouvernement canadien afin de rattraper toutes ces années pendant lesquelles "les groupes abolitionnistes ont démoli l'industrie de la chasse par la désinformation."  Cette coalition serait composée de chasseurs, d'innus, d'amérindiens, membres de la délégation diplomatique canadienne.





Juillet 2007

La délégation canadienne qui devait convaincre l'Europe

est rentrée défaite.