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Manger une nourriture trafiquée...

  

Posté sur le forum "Animal nourriture" en Juillet 2007 :



"Une côte de porc ou un steak par jour peut faire monter en flèche votre risque de cancer et pas seulement celui de cancer colorectal ! "


C'est la conclusion d'une grande étude menée par des chercheurs du National Cancer Institut (États-Unis).


"La viande rouge et la charcuterie sont associées à un risque accru de cancer colorectal. Nous avons voulu savoir si ce type d'association existait aussi pour d'autres types de cancer" explique Amanda Cross, la responsable de cette étude, chercheuse au NCI.


Entre 1995 et 2003, avec son équipe, elle a analysé 500 000 personnes âgées de 50 à 71 ans sur leur consommation de viande rouge (bœuf, porc, mouton) et de charcuterie.


Les chercheurs ont pris en compte dans leur analyse certaines habitudes de vie comme le tabagisme et l'exercice physique.


À l'issue du suivi, 53 400 cas de cancers se sont déclarés.»


Source: http://www.agoranimal.fr/forums/animal_nourriture.php?return=0&cit=9050

Notre poison quotidien






Pour Marie-Monique Robin, l’auteur du "Monde selon Monsanto", en France aussi il est grand temps de réduire sa consommation de viande. C’est ce qu’elle dénonce dans son dernier livre "Notre poison quotidien", aussi un documentaire diffusé sur Arte en 2011.


En mars 2008, la journaliste Marie-Monique Robin sortait Le Monde selon Monsanto. Le livre et le documentaire, gros succès, relataient sa longue enquête sur l’entreprise Monsanto, leader mondial des OGM et fournisseur d’herbicides ou d’hormones de croissance bovine et laitière interdites en Europe. Elle sattaque aujourd’hui avec Notre poison quotidien (en librairie en mars 2011) à la façon dont "l’industrie chimique empoisonne notre assiette".




Entretien:




Guillemette Faure : Quand Jonathan Safran Foer décrit l’élevage des animaux aux États-Unis, est-ce qu’on peut se rassurer en pensant quen France c’est différent ?




Marie-Monique Robin - Aux États-Unis, les élevages sont tellement grands que le problème est décuplé mais c’est pareil en Bretagne avec les porcs ou en Indonésie avec les poulets. Le modèle intensif fait qu’on arrive à ces aberrations. Je ne suis pas végétarienne. Je continue à manger un peu de viande. Mais on ne peut pas promouvoir un modèle qui veut qu’on mange de la viande deux fois par jour.

Dabord parce que cela se fait au détriment des cultures des pays du Sud car l’élevage intensif entraîne un système de monoculture qui pénalise les cultures vivrières et met en péril la sécurité alimentaire des peuples du Sud. Je ne peux plus imaginer acheter un poulet qui vient d’un élevage industriel dans un supermarché. C’est monstrueux ce qu’on fait subir aux animaux. En plus, c’est une viande de très mauvaise qualité bourrée d’antibiotiques.




Guillemette Faure : Le Centre d’information des viandes a diffusé une campagne de pub radio rappelant que la plupart des porcs en France sont élevés dans des exploitations familiales. Ça ne vous convainc pas ?




Marie-Monique Robin -J’aimerais savoir sur quelles statistiques ils se basent. Je n’arrive pas à trouver du porc bio. Le porc en Bretagne, c’est trois bêtes par mètre carré avec tout le problème du lisier et des bactéries qui deviennent d’une violence inouïe à force de donner préventivement des antibiotiques.

Certains critiquent le bio en disant qu’il y a des petits malins qui trichent. Évidemment, dans ce domaine comme dans d’autres, il doit y en avoir. Mais les contrôles sont réels. Je connais bien le monde agricole. S’il y avait le quart de ces contrôles dans les fermes chimiques, je n’aime pas dire fermes conventionnelles, on aurait moins de problèmes de santé.




Guillemette Faure : Jonathan Safran Foer met en cause les lobbies américains qui influencent les informations sur ce que devrait être notre alimentation. Ce problème existe aussi en France ?




Marie-Monique Robin -Quand vous entendez sur France Inter une campagne parrainée par un ministère qui dit qu’il faut boire et manger trois produits laitiers par jour, c’est qu’il y a un énorme lobbying de l’industrie laitière derrière. L’OMS le dit : les épidémies de cancers, de maladies neurodégénératives, de diabète, d’obésité sont liées à l’environnement et au style de vie.


La malbouffe, ce n’est pas seulement les colorants et les produits chimiques mais aussi une nourriture qui s’appuie sur un apport excessif de graisses, de sucre et de protéines animales.

J’ai rencontré quelquun aux États-Unis qui travaille sur les rapports entre alimentation et santé à l’université Cornell : il souligne le lien entre viandes rouges et cancer, en particulier pour le cancer du côlon.


En Europe, en vingt ans, les taux de cancer ont augmenté de 35 % chez les hommes et de 43 % chez les femmes, après déduction du facteur vieillissement de la population. Quand on regarde les cartes de taux d’incidences des cancers, on voit du rouge en Amérique du Nord, en Europe, en Australie… C’est clairement une maladie chronique liée aux pays développés. En Inde, où les taux d’incidence sont trente fois inférieurs, ils sont inquiets parce que ça commence à changer dans les mégapoles.




Guillemette Faure : Pensez-vous que le consommateur ne s’interroge pas assez sur l’origine de la viande dans son assiette ?




Marie-Monique Robin -Le consommateur n’a souvent pas le choix, mais ça commence à changer. Si vous réduisez votre consommation de viande, vous pouvez avec ce que vous économisez acheter du pain, des fruits et des légumes bios. Il faut recréer des liens avec les producteurs d’aliments pour court-circuiter la grande distribution. Il faut que les consommateurs se réapproprient leur assiette.




Source : www.lesinrocks.com  Interview : Guillemette Faure le 15 janvier 2011